Parmi les lectures que je conseille à nos amis pour cet été, il y en a trois qui sont utiles mais également plaisantes :

Tout d’abord, celle du numéro de juillet/août de la Nouvelle Revue d’Histoire (NRH n° 43) consacrée aux racines de l’Europe.
Ce numéro, disponible dans tous les kiosques et librairies, est magnifiquement illustré de photographies, de reproductions de tableaux, etc…accompagnant les nombreux articles sur les origines de l’Europe, de Clovis et la formation de la France au Haut Moyen âge, d’Homère à Rome, d’Athènes à Charlemagne…
L’article que Dominique Venner consacre à ces longs poèmes que sont l’Iliade et l’Odyssée démontre avec talent combien Homère a rempli un rôle majeur dans l’histoire européenne mais également dans la constitution de mythes, la transmission de l’histoire des grecques et la mise en forme d’un poème.
Ce numéro de la NRH, revue à laquelle chaque Identitaire devrait, idéalement, être abonné, se caractérise également par des recensions d’ouvrages d’histoire récemment parus et un entretien avec l’historienne de gauche Mona Ozouf qui permet de connaître son itinéraire, ses choix politiques, ses études…
Bref, une revue dont la lecture est, à chaque parution, un régal pour ceux qui s’inscrivent dans la plus longue mémoire de l’Europe.

Une autre revue d’histoire m’a attiré cet été : il s’agit d’une revue qui était considérée, il y a encore quelques années, comme la revue historique de « gauche » officielle et bien pensante : la revue L’Histoire qui était aux études historiques ce que Le Monde était à l’information quotidienne. Bref, tout le contraire de la NRH.
Puis, L’Histoire a réussi à se dégager du politiquement correct pour traiter de sujets délicats avec une objectivité et une intelligence sympathiques et courageuses.
Le numéro spécial consacré à la Russie (6,50 euros dans tous les kiosques) est une bonne surprise, loin des clichés habituels sur l’âme russe, le despotisme et la barbarie naturelle de « ces gens là », la dictature du « méchant Poutine » (à propos, essayez, dans une conversation, de balancer les clichés mille fois rabâchés et les phrases toutes faites entendues sur les Russes et la Russie mais en les appliquant cette fois aux Algériens et à l’Algérie ou aux Congolais et au Congo…j’espère que vous avez un bon avocat !).
L’Histoire nous offre justement un dossier plein de finesse et de modération qui nous donne envie d’aimer cette autre Europe qui n’est pas l’Europe latine et romaine, ni l’Europe protestante, germanique et/ou anglo-saxonne mais qui n’en est pas moins une « notre » Europe.
Avec des articles sur la définition du « Russe », sur les différentes ethnies, sur les contraintes géographiques de cet immense pays, son histoire mouvementée, la place de l’orthodoxie… des articles sans complaisance sur les catastrophes qu’ont été le communisme et la collectivisation de l’économie, L’Histoire nous offre également un intéressant entretien avec Hélène Carrère d’Encausse et d’autres spécialistes de cet immense pays avec lequel nous formons un continent unique et dont le destin est nécessairement lié au notre.

Enfin, ma dernière lecture de l’été est un roman, celui de Muriel BARBERY « L’Elégance du Hérisson » (7,60 euros en édition de poche chez Folio).
Sous ce titre un peu étrange se cache un sympathique roman, facile à lire et plein d’enseignement.
Renée est la concierge d’un immeuble bourgeois de la rue de Grenelle. D’origine portugaise, veuve, petite, bossu et laide, Renée est cependant une concierge d’exception qui dissimule à ses locataires un lourd secret : elle est cultivée, extraordinairement cultivée et raffinée : elle écoute Beethoven, Albinoni, Bach et lit Kant, Husserl, Marx, Hegel, Dostoïevski… s’intéresse à la culture japonaise, au cinéma italien et la littérature allemande…Son regard sur ses voisins, de grands bourgeois de gauche ou de droite, mais toujours de grand bourgeois est aussi cruel qu’hilarant.
Dans ce roman, Muriel Barbery, avec un humour décapant, se livre à une critique radicale de cette élite prétentieuse et arrogante, méprisante envers les petites gens et uniquement soucieuse de ses intérêts personnels et de sa reproduction sociale même lorsqu’elle fait profession de servir l’intérêt général.
A ce propos, la description de Colombes, la fille normalienne du député de gauche et ancien ministre, est une vraie satire sociale.
Ce roman raconte aussi une belle histoire d’amitié entre Renée et le riche et cultivé japonais qui vient d’emménager dans l’immeuble ainsi que leur complicité avec la fille cadette du député de gauche, une petite fille surdouée qui n’est pas dupe de cet ordre social bourgeois ridicule.
L’issue du livre est forcément terrible et émouvante, comme une tragédie grecque.
Au final, un beau livre sur le destin et l’amitié, sur la culture et l’intelligence qui démontre que la noblesse de l’âme et du cœur n’est pas là où on l’imagine souvent.
Jérôme D.