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    Près de 2 000 personnes défilent pour rendre un dernier hommage à Thomas

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    Thomas, 17 ans, a été mortellement poignardé samedi 17 juillet, un soir de Feria.

    Les roses blanches s’amoncellent sur le muret de pierre de la promenade. « Tous les soirs, ils viennent se réunir là, ces petits », souffle Renée, née ici. Ces « petits », ce sont les copains de Thomas. Avec les jeunes du village, ils ont voulu cette marche blanche, hier, en début d’après-midi. Point de départ et d’arrivée, ces quelques centimètres de placette, où la vie de Thomas, 17 ans, s’est arrêtée sous les coups de couteau d’un Portiragnais, 17 ans lui aussi.

    Dès 14 h, l’avenue de la République déborde de monde. En tenue immaculée, la rose blanche à la main, le cortège de près de deux mille personnes

    s’étire sur des centaines de mètres, silencieux. La petite bande de copains fait bloc, hermétique, la famille aussi, retranchée dans sa douleur.

    « Ces coups de couteau, toutes ces personnes l’ont pris aujourd’hui, et nous le prenons pour la seconde fois », murmurent Sabine et Patrice Vignes. Ils ont perdu leur Fabien, le 17 août 2009 à Montarnaud, lors de la fête votive de la commune. Poignardé lui aussi, en plein cœur. Ils portent au poignet un bracelet en plastique et sur le dos un tee-shirt avec un message, le même « Je fais la fête sans arme ». Les parents de Fabien ont créé cette association après le décès de leur fils : « Pour faire appliquer la loi en matière de port d’arme ; pour arrêter le fléau en train de s’installer ; il n’est pas normal que des poings américains, des couteaux inondent les rayons de supermarchés, que des mineurs puissent se procurer ces armes ! » Le grand-père de Fabien a du mal à contenir sa révolte : « Trop de familles comme nous prennent « perpette » et sans remise de peine ! »

    Christian Boils, est venu lui aussi. Son fils, Gaëtan, 18 ans, a étrenné une série noire. Le 14 juillet, en marge de la fête locale de Beaulieu, il succombait à un coup de couteau : « Sa maman n’a pas pu venir, la douleur est trop intense et trop fraîche ; je suis ici pour soutenir les parents, on vit la même chose. » Christian a rejoint l’association. « On a tellement de tristesse qu’on éprouve le besoin d’aider les autres », témoignent les parents de Fabien.

    Fabien, dit « le fabulous » ; Thomas, dit « le vaillant ». « Tous ces garçons ont le même profil, investis dans leur commune ; on aurait pu se retirer de la société et se retrancher dans la douleur mais nos enfants auraient aimé ce que nous faisons, leur mémoire le mérite, qu’ils ne sombrent pas dans l’oubli. » Le 6 août prochain, ils seront à la fête locale de Villeneuve-lès-Béziers, sollicités par la commune pour sensibiliser les jeunes… Prévenir.

    Source : Midi Libre

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