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    La rentrée s’annonce difficile pour les étudiants

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    Augmentation des frais d’inscription, augmentation du ticket de restaurant universitaire et surtout suppression du cumul des aides au logement et de la demi-part fiscale… La rentrée étudiante s’annonce difficile, dans la région plus qu’ailleurs peut-être. L’académie de Montpellier se distingue en effet par le nombre élevé de boursiers et de résidents en cité universitaire, qui dépasse largement le niveau national. L’une des conséquences de cette précarité est la recrudescence des renoncements aux soins. Une situation dénoncée par le premier syndicat étudiant de la région, l’Unef. Zoom sur une génération fragilisée et pleine d’incertitudes. « Le Resto U c’est 2,90 € (bientôt 3 €, NDLR) , un paquet de pâtes c’est moins cher, donc je préfère rentrer manger chez moi le midi » , explique Thomas, étudiant en 3 e année d’AES à l’université Paul-Valéry Montpellier III. Ce témoignage illustre bien les choix inquiétants qui s’imposent aux étudiants en difficulté.
    Et dans l’académie de Montpellier, les jeunes en situation de précarité sont nombreux. Il y a ici près de 32 % de boursiers sur les quelque 93 217 étudiants recensés par le Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires (Crous) et 12 % de bénéficiaires d’une chambre en résidence universitaire. Des chiffres bien supérieurs aux moyennes nationales qui sont respectivement de 28 % et 7 %.
    « Grâce aux bourses, on arrive à vivre mais pas à se loger. Lorsqu’on n’a pas droit à la cité U, comme c’est mon cas, ça devient vite compliqué », reconnaît Thomas. En résidence universitaire, une chambre basique coûte 150 € par mois, une somme qui peut être réduite par l’aide personnalisée au logement (APL).
    On peut également bénéficier de l’APL lorsqu’on se loge par ses propres moyens, comme le fait Thomas, mais le loyer varie entre 350 € et 450 €. Pour lui, c’est 364 €, pas très loin de l’université.
    Mais ces aides ne sont pas suffisantes . « Les bourses ne sont pas des revenus pour les étudiants, ce sont des compléments au soutien qu’apportent les familles » , rappelle Maryse Thibon, responsable du service social du Crous. Or, les familles ne peuvent pas toujours faire face : « Moi je ne veux pas trop demander d’argent à mes parents parce qu’ils ont déjà beaucoup de frais » , confie Thomas . Alors il fait des choix : « Pendant l’année, je ne sors pas très souvent et quand je sors, il ne faut pas que ça coûte trop cher. » Au restaurant ou à la boîte, on préfère les soirées à petit budget chez des amis.
    Beaucoup plus grave, « les étudiants en très grande difficulté font d’abord des économies sur l’alimentaire et la santé », note Maryse Thibon.
    Par chance, Thomas n’est pas dans ce cas. Il fait partie de cette masse croissante d’étudiants qui vivotent, en partie grâce à la bourse à laquelle s’ajoute parfois un travail étudiant et, le plus souvent, à des économies réalisées avec les jobs d’été.
    « Sujet à des sinusites chroniques », Thomas est encore affilié à la mutuelle de ses parents, qui complète les remboursements de la Sécurité sociale étudiante. Cela lui permet de se soigner convenablement. D’autres étudiants sont dans une situation bien plus critique : sans mutuelle, ils renoncent aux soins (lire ci-dessous) En début d’année, la précarité est encore renforcée par les lenteurs de versement des bourses, dévoilées dans le rapport Wauquiez 2006. Lors de sa première année d’études, Thomas a reçu son premier versement fin novembre.
    « Ça oblige à travailler pendant les vacances pour avoir des ressources dès les premiers mois, tant que l’on n’a pas encore la bourse. » L’an dernier, des progrès ont été réalisés indique Patrice Perez, responsable de la division étudiante au Crous de Montpellier : « Dès fin septembre, 74 % des paiements étaient effectués. » Si Thomas travaille pendant les trois mois d’été, c’est aussi pour se consacrer pleinement à ses études.
    Un de ses amis, employé dans un fast-food à mi-temps pendant l’année, a connu des difficultés au moment des examens.

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